Batman v Superman : autopsie d’une déception

By 26 mars 2016Cinéma, Critiques

Batman v Superman, de Zack Snyder, est sortit le 23 mars et déjà il déchaine les passions. Chef d’oeuvre ou purge ? Verdict !

ALERTE SPOILERS

 

 

Synopsis de Batman v Superman

Après les événements de Man of Steel, Superman divise l’opinion mondiale : certains le vénère comme un dieu, d’autres voient en lui une menace planétaire. Dans ce contexte, Batman souhaite en découdre pour venger la mort de ses proches dans la catastrophe de Metropolis. Lex Luthor compte profiter de l’occasion pour acquérir le pouvoir, et dominer l’humanité.

Avis

Pour être tout à fait sincère, le premier quart d’heure est très intéressant et l’idée de voir la fin de Man of Steel à travers les yeux de Bruce Wayne est brillante car ça permet de bien contextualiser et surtout cela montre une facette inédite des super-héros : leurs actes ont aussi des conséquences pour nous. Et l’effroi peut être complètement compréhensible. Du coup on peut s’identifier à un Bruce Wayne ayant des envies de vengeance. Mais au-delà, ça se gâte. Le montage n’a ni queue ni tête, et on passe d’un lieu à un autre en quelques dizaines de secondes sans prévenir, à plusieurs reprises cela m’a même sorti du film. Et difficile d’y re-rentrer quand on vois que Superman a perdu en épaisseur. Henry Cavill fait ce qu’il peut mais n’est pas servit par le scénario. Loïs a des dialogues toujours écrit à la truelle mais Amy Adams est charismatique. Gal Gadot fait une Wonder Woman plutôt sympa mais complètement sous-exploitée et Jesse Eisenberg, dont je suis fan, n’est que l’ombre de lui-même et passe 2h30 à cabotiner comme ça n’est pas possible.

Jesse Eisenberg

Jesse Eisenberg cabotine un max en Lex Luthor

Gal Gadot

Gal Gadot, wonder woman trop mal mise en lumière…

Superman

Superman devant le Congrès

La bonne surprise vient de Jeremy Irons, qui campe un Alfred parfait et assez différent de celui de Michael Caine. Technicien, majordome, conseiller d’un Bruce Wayne en perdition, il est comme la conscience d’un homme qui va irrémédiablement franchir le point de non-retour. Car l’une de mes déceptions est là : je suis un fan de Batman depuis ma plus tendre enfance. Et Batman v Superman est un blasphème, pour ce qui concerne la conception du justicier de Gotham. Pourtant ça démarrait bien car Ben Affleck, à mille lieues de son Daredevil, est un Batman impeccable, quoique un poil lent du bulbe, mature, expérimenté, une ombre terrifiante pour les criminels et implacable. C’est clairement le seul emprunt que Zack Snyder a fait au run The Dark Knight Returns de Franck Miller. Mais voilà, Batman, justicier anti-armes par excellence, il tue à tour de bras dans le film. Sans état d’âme, froidement, se justifiant simplement car la première génération de Wayne étaient des chasseurs. Il manque donc de respect à la mémoire de ses parents, tués par une arme à feu, et le réalisateur fait un gros doigt d’honneur aux fans.

 

Ben Affleck est la bonne surprise du film

Ben Affleck est la bonne surprise du film

Aquaman

La Justice League se montre

L’espoir fait vivre

Pour autant, tout n’est pas à jeter. Parce que d’une part on sais que la version longue va rajouter une demi-heure de scènes en plus qui devraient rendre le film un peu plus cohérent. Et surtout on voit apparaître les autres membres de la Justice League : on voit les débuts de Flash, Aquaman qui s’évade d’une prison sous-marine, et la naissance de Cyborg. Mais c’est surtout l’apparition de Flash à Bruce Wayne qui m’a marqué car on voit apparaître Flash, dans son costume d’Injustice, apparaître face au milliardaire dans un énorme maelström de lumière pour l’appeler à l’aide. C’est clairement le Flash du futur, ce qui veut dire que le film inclut dès le départ la notion de voyage temporel et celle de multivers dans le DCEU. Ça ouvre la porte à tout un éventail de possibilités narratives qui devront être exploitées avec subtilité.

Ouverture sur l’avenir et rapport à la distinguée concurrence Marvelienne

Si je devais donner une note au film, je mettrais 2 sur 5 car la déception est trop forte. Surtout, Civil War sort fin avril et Marvel part au combat avec l’avantage d’avoir un univers bien installé, des héros dont les versions ciné sont extrêmement populaires, et traite aussi de l’affrontement entre deux icônes : Iron Man contre Captain America. Il traite lui aussi des conséquences des actes des super-héros. Avec pour but de mettre une rouste à BvS. Il reste donc à espérer que Suicide Squad soit une belle surprise et que Justice League Part One soit une réussite car sinon je ne donne pas cher de l’avenir du DCEU…

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About Laurent

Contributeur régulier, webmaster, fondateur du site. Tel un Hannibal Smith auvergnat, il adore qu’un plan se déroule sans accroc.

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