Et de chères ombres marchaient auprès de moi…

By 27 juin 2015Actualité

Cet article traite d’un sujet que certains pourront trouver étrange, faux, ou au contraire comme étant ancré dans la réalité. Je précise donc que mon article n’a pas pour but de prouver si les esprits existent ou pas, seulement d’informer sur un sujet original, intéressant, et de parler d’une expérience vécue par moi-même. 

Salut bande d’enfoirés ! Pour citer un de mes auteurs préféré, le temps fait tourner la roue de la vie comme l’eau celle des moulins. Le mois prochain je fêterais mes 33 ans (l’âge du Christ…), et j’ai l’impression que l’expérience dont je vais vous faire part aujourd’hui remonte à hier. Comme vous le savez depuis mon précédent article sur le spiritisme, ma mère est médium. Et donc pendant des années elle a pratiquée les séances de spiritisme. Comme je l’expliquais, pour participer à ce genre d’expérience, il faut avoir au moins 16 ans, être un esprit fort, y croire sans être crédule. Pour autant, il existe des exceptions.

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En 1992, j’avais 10 ans. C’était une année particulière pour moi car j’ai assisté à l’ouverture officielle de Disneyland Paris, je suis passé en cm2, j’étais amoureux de Sarah Oriol…. Et en même temps, j’étais invisible aux yeux de mon père, mon frère était le roi tout puissant de la famille et ma mère passait beaucoup de son temps libre à pratiquer le spiritisme plutôt qu’à s’occuper de moi. Alors, pour palier à ce manque, lorsqu’elle recevait du monde pour une séance, je me cachais préalablement dans l’armoire de la salle pour ne rien rater. A chaque fois je n’en manquais pas une miette, j’étais vraiment aux premières loges. C’était fort, très fort. Une vraie excitation, une sorte de décharge d’adrénaline qui atteignait son paroxysme les quelques fois où un esprit se manifestait. Je me suis donc caché pendant longtemps. Je ne comprenais pas pourquoi on m’empêchait d’assister à cela. Jusqu’au jour où ce qui devait arriver arriva.

C'est pas bien !

C’est pas bien !

Surpris par une apparition s’étant produite juste devant l’armoire où je me cachais (et dont la porte était légèrement entrebâillée), j’ai été pris de panique et le bruit que j’ai fais a tout de suite interpellée ma mère qui m’extirpa de l’armoire manu-militari, tout en prenant soin de sommer à l’entité de s’en aller retrouver le repos éternelle. S’en suivit une mémorable fessée administrée devant les invités et qui me laisse encore un arrière goût d’humiliation 23 ans après.

fessée

Suite à cela, j’ai eût une discussion avec ma mère, qui décida donc de me montrer pourquoi elle me tenait toujours à l’écart de ce genre de choses. Et quoi de mieux pour cela que de participer réellement à une séance ! Le rendez-vous fût pris pour un soir de juillet. Mes parents avait invité un couple de voisins et leur fille aînée, Ludivine, à venir manger un barbecue avant de passer aux choses sérieuses. Je donnerais tout ce que j’ai pour des bonnes merguez, une jolie côtelette grillée, mais ce soir là, pendant que les convives étaient attablés et que le soleil mourrait à l’horizon, il flottait comme un parfum particulier. J’aurais juré que le temps défilais différemment. Pendant tout le repas ma mère n’a pas arrêté de fixer mon regard, c’était assez déstabilisant car chez nous on dit que le regard est le miroir de l’âme. Comme si elle cherchait à y voir je ne sais quoi…

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Après un copieux repas, nous sommes allés dans la salle. Ma mère a fermée toutes les portes, installée des bougies dans toute la pièce puis elle a fait brûler de l’encens. Maintenant dès que je sens certaines odeurs ça ravive ce souvenir. Et elle s’est installée à la table, en posant le ouija devant elle. Chacun pris place autour de la table, de façon à pouvoir facilement former un cercle en joignant nos petits doigts. Avant de commencer, ma mère planta son regard dans le mien et me dit « Si tu veux faire machine arrière c’est maintenant ! Ce que tu va peut-être vivre, tu ne l’oublieras jamais… ». Du haut de mes 10 ans, j’ai eût une sensation bizarre, comme si un courant d’air frais me carressais le dos, ce qui provoqua en moi un certain effroi, mais je fis mine de prendre sur moi. Mon instinct me disais d’affronter ma peur et d’aller jusqu’au bout. Je fis donc signe que je voulais continuer.

Même pas peur !

Même pas peur !

Alors ma mère ferma les yeux et commença à entrer en transe. Au bout de quelques minutes, quelque chose se manifesta. La flamme de la bougie qui se trouvait près de mon père s’intensifia, devenant haute d’une bonne dizaine de centimètres. Ma mère nous demanda alors d’effleurer le ouija. Nous nous sommes exécutés, et, lorsqu’elle demanda si une entité était présente, le ouija se dirigea lentement vers le oui, et je n’ai pût m ’empêcher d’esquisser un sourire. Les choses sérieuses commençaient enfin ! Nous reprîmes le cercle, de sorte que, lorsque la question fût posée de savoir si l’esprit était bienveillant la « goutte » se dirigea toute seule vers le oui.

ouija

Vînt ensuite le prénom. Le ouija nous le révéla doucement. S-I-M-O-N-E. Au moment où le ouija indiqué le E mon père se mît instantanément à trembler. Cela dura quelques secondes mais j’ai eût très peur car je ne l’avais jamais vu comme ça. Simone était le prénom de ma grand-mère paternelle. Ma mère lui demanda si tout allait bien mais il se contenta de baisser la tête en pleurant en silence. Un mélange d’émotions me submergea à la vue de sa réaction. Sans savoir pourquoi, je ressentais une énorme colère, de la culpabilité, de la souffrance, une envie irrépressible de la prendre dans mes bras pour le consoler. Je ne maîtrisais plus rien , j’étais comme envahis par ces émotions qui n’étaient pas les miennes. Je n’avais que 10 ans et pourtant j’avais l’impression d’en avoir 50 de plus. Et ma grand-mère défunte était parmi nous.

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Ma mère lui demanda si elle avait un message à nous adresser, et la réponse fût oui. Alors elle pris un bloc de feuilles, un crayon et s’enfonça plus profondément dans sa transe, de façon à permettre à l’esprit de ma grand-mère de guider sa main. C’est donc aussi comme ça que j’ai découvert pour la première fois ce qu’est l’écriture automatique. Je vis ma mère commencer à écrire à une vitesse et surtout avec une sorte de frénésie inimaginable. C’était fascinant et effrayant en même temps. Et plus elle écrivait, plus mon père pleurait. C’est comme ça que j’ai appris que ma grand-mère, après avoir donnée sa vie pour les gens qu’elle aimait, s’est pendue à l’âge de 60 ans car sons mari était mort, que ses enfants étaient tous partis vivre leur vie et que la solitude lui avait ôtée le goût de vivre. Alerté par un voisin, c’est mon père qui s’est retrouvé le premier sur les lieux du drame et qui a été obligé de la dépendre tout seul.

Le message qu’elle voulait faire passer à mon père c’est que, au-delà de la mort, elle ne voulait plus le voir souffrir ni culpabiliser. Qu’elle l’aimait toujours et qu’elle veillerait sur nous tous. Alors ma mère s’est arrêté d’écrire, les bougies se sont éteintes, et toutes les émotions que j’avais ressenti ont disparues immédiatement. Je me sentais vide, exténué, et je senti quelque chose dans mon dos, comme une main glacée me caressant la nuque. Je me suis immédiatement retourné, mais dans le noir je n’ai rien aperçu. Sur le bord du vaisselier était posée une boîte à musique (que mon père gardait en souvenir car elle appartenait à ma grand-mère), que l’on entendit s’ouvrir et qui commença à jouer les premières notes d’une chanson d’Édith Piaf. Les bougies se rallumèrent, ma mère se précipita sur mon père pour l’aider à reprendre ses esprits et congédia poliment les voisins. Le reste de la nuit fût calme, et je laissais la fenêtre de ma chambre ouverte pour tenter de trouver le sommeil sous les lueurs protectrices de la lune.

lune

Quelques semaines plus tard, l’été touchait à sa fin, et nous avions organisés une dernier barbecue. Tout le monde était heureux, l’air était léger, et je me préparais doucement à faire ma rentrée des classes le lendemain. A la fin du repas, en montant me coucher, je suis passé dans la salle, et en voyant que la boîte à musique était ouverte je me suis senti étonnamment bien. Au moment où je commençais à monter les premières marches de l’escalier, elle se mit à jouer une petite musique.

C’était La vie en rose, d’Édith Piaf.

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Contributeur régulier, webmaster, fondateur du site. Tel un Hannibal Smith auvergnat, il adore qu’un plan se déroule sans accroc.

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