La musique : un art, une passion, un langage.

By 27 février 2016Actualité

Chacun ses passions, moi c’est la musique. Exprimer ses émotions en passant uniquement par le prisme d’un instrument est un exercice particulier, presque intime. 

Les débuts dans la musique

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été bercé par de la musique. Dès mon plus jeune âge mes parents m’emmenait dans les bals de village, ce qui m’a permit de faire la connaissance de Charles Aznavour, Mike Brant, Claude François, Gold, etc… Et comme il se trouve que mes parents travaillaient beaucoup, une vieille amie de mes parents s’occupait de moi et me faisait écouter Mozart, Bach et tout leurs amis. Finalement, cela n’est pas étonnant d’être tombé amoureux d’un instrument bien particulier. Un samedi soir, mes parents et moi sommes allés dans un bal musette à Thiel-sur-Acolin, et j’ai passé toute la soirée à être fasciné par un instrument presque aussi couvert de boutons que le visage d’un ado en pleine puberté. Il se trouve que l’accordéoniste était doué, et je me demandais comment il était possible de faire sortir autant de sons d’une si petite boite (de 9 kilos tout de même) ! A force de jouer d’une batterie de fortune composée de verres vides et de deux couteaux, j’ai fini par me faire remarquer par la chef d’orchestre qui me fit monter sur scène. Voilà donc comment je me suis retrouvé sur les planches pour la première fois, à jouer du tambourin. J’avais 7 ans.

Passion de l'accordéon

Bon ok, sur cette photo je n’ai pas 7 ans, j’en ai 10 3/4…

Le lendemain, au cours du traditionnel repas dominical, entre la messe et la partie de cartes, j’ai pris la parole. Et du haut de mes 4 pommes j’ai pris la première grande décision de ma vie : « Papa, maman, je veux faire de la musique ». Ce à quoi mon père a répondu « Fini tes carottes, au lieu de dire des conneries ». Et me voilà partit dans des justifications pour convaincre mes parents de la solidité de mon choix. La semaine suivante j’étais inscrit et je prenais le tout premier cours de musique de ma vie, le vendredi 5 octobre 1989 à 19h00. En toute honnêteté je pensais que je tiendrais 3 semaines. Il s’avère que j’y suis toujours, 27 ans après. Je vais vous faire grâce de toutes les vicissitudes de ces 27 années, mais vous allez me dire « Pourquoi diable as-tu choisi cet instrument ringard, moisi, etc… ? » et je vous répondrais que c’est parce qu’aujourd’hui encore c’est l’un des instruments les plus complets et complexes au monde. A minima 66 notes à la main droite, 96 à la main gauche, nécessitant de connaitre les deux claviers par coeur dans la mesure où on ne les vois pas quand on joue, tout en jouant des notes différentes d’un côté comme de l’autre et en tirant sur le soufflet. Quand on a 7 ans il y a plus simple. Mais une fois que l’on prend le coup de main, on acquiert vite les techniques qui permettent de commencer à exprimer des choses, et l’on se rend compte que le rayon d’action d’un accordéon dépasse largement le simple cadre du musette. C’est un instrument doté d’une grande palette de jeu, et on découvre vite le sens du surnom de « boîte à frissons ». Et les portes de l’art musical commencent à s’ouvrir.

Un art, un langage

La musique est un langage. Avec une grammaire, une orthographe, des sens de lectures multiples, des métaphores. Elle fait naître rires, pleurs, joies et toute la playlist des émotions humaines. Et elle parle autant aux néophytes qu’aux initiés. Bizarrement tout le monde peux trouver son compte devant n’importe quelle oeuvre. Même devant une comédie musicale de Dove Attia. Oui oui, vous avez bien lu. D’ailleurs c’est exactement le genre de sujet qui mériterait un article entier. D’aussi loin que je me souvienne, la première chose que j’ai vu dans mon livre de solfège est une définition de ce qu’est la musique. « La musique est un langage ayant pour but d’ennoblir le coeur des hommes et d’élever l’âme ». Et c’est exactement cela. Accords majeurs pour la joie, mineurs pour la peine, septième pour le doute, etc… C’est un monde de possibilités offertes aux artistes. Et puis c’est très pratique car on peux se livrer tout en étant « protégé » par le prisme de l’instrument. Travailler dur, longtemps, et voir que les notes produites par l’instrument que l’on pratique donne le sourire aux gens, les font pleurer, danser, chanter, procure un grand plaisir, presque comme un shoot d’adrénaline. Et être sur scène sous les lumières en étant applaudit flatte grandement. Mais c’est aussi à double tranchant car pour parvenir à ça il faut être à la hauteur. Les imposteurs tombent très vite dans l’oubli. La musique est une école d’humilité, de travail et de professionnalisme.

art de la composition

Un compositeur en plein travail

On a tous un rapport particulier avec cet art, et des goûts différents. Certains adulent Maître Gims (wesh ma gueule) pendant que d’autres ne jurent que par Mozart (Wolfie la Caillera cousin !) et entre eux tout un océan de nuances. Qui n’as pas pleuré en écoutant Maria Callas chanter Casta Diva, ou Edith Piaf entonnant Mon Dieu. Et dansé deux minutes plus tard en hurlant « Décalécatan Décalécatan, Ohé Ohé ! ». Pour ma part je navigue entre classique, comédies musicales, variété et chanson réaliste. Et l’accordéon me permet aussi d’aborder tout ces registres. Quand je joue du Piaf, dès les premières notes je m’imagine que je joue dans une rue du Paris de l’après-guerre, accompagnant une gouailleuse. Et l’instant d’après je vogue de croches en blanches pointées auprès de Mozart. Et l’accordéon a ceci de particulier que l’instrument, par le biais des courroies, se retrouve plaqué contre le coeur de l’accordéoniste. Et comme il est principalement constitué de bois, on sent physiquement les vibrations plus ou moins intenses de chaque notes. On fini par ne faire plus qu’un avec lui, et parfois, on jurerais le sentir respirer. C’est pour ça que cet instrument a une âme.

Des moments de vie

Cela nous amène à vivre des moments assez marquants. Pour n’en citer qu’un, il y a quelques années je jouait de temps en temps pour les personnes âgées malades, handicapées, voire en fin de vie. Et un jour, j’ai fais la connaissance d’une dame ayant vu naître le XXe siècle. Ses enfants étaient présent lors de mon animation et m’ont expliqués que durant sa jeunesse elle avait connue Edith Piaf, qu’elle avait participé à la seconde guerre mondiale dans la Résistance avant d’être déportée en Allemagne (où elle a vu mourir ses parents, déportés avec elle) et que après s’être évadée elle était devenue une militante active pour les droits de la Femme. Au crépuscule de sa vie, elle était atteinte d’une forme particulièrement sévère de la maladie d’Alzheimer. Depuis presque 20 ans sa vie se résumait à son fauteuil. Elle ne bougeait plus, ne parlait plus, ne réagissait plus. Tout contact avec le monde réel était coupé. Et j’aime autant vous dire que jouer devant ce genre de public est très compliqué. Pour autant l’animation se passe bien. Arrive le moment où je me déplace vers les patients pour leur jouer un morceau de leur choix. Quand ce fut au tour de cette dame, sachant son amour pour Piaf, je commença à lui jouer Mon Dieu. Et quelle ne fut pas ma surprise de la voir se mettre à me regarder fixement, droit dans les yeux. Au moment du final de la chanson, elle bougea doucement sa main, essayant de toucher mon accordéon. Elle entrouvrit sa bouche comme pour essayer de parler. Même si cela n’alla pas plus loin, j’ai sut que l’espace d’un instant elle était revenu parmi nous. Voyant cela, ses enfants se mirent à pleurer, de joie j’imagine. Cela faisait 20 ans qu’elle restait sans réaction.

A l'ancienne

Un accordéoniste dans les années 30

Je n’ai aucunement la prétention de dire que c’est grâce à moi, mais j’aime à penser que grâce à la musique, cette dame s’est peut-être retrouvée, l’espace d’un instant, en train de revivre sa jeunesse dans un Paris qui n’existe plus que dans ses souvenirs.

Paris années 30

C’est ça Paris

C’est ça le pouvoir de la musique.

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Contributeur régulier, webmaster, fondateur du site. Tel un Hannibal Smith auvergnat, il adore qu’un plan se déroule sans accroc.

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